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Lettre de Jean-Luc Moudenc aux Toulousains

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Mes très chers Amis,

Le Conseil Municipal de Toulouse va voter le budget de l’année 2015 et les taux d’imposition communaux, tandis que le Conseil de Toulouse Métropole adoptera ses propres taux.

Ces décisions budgétaires de début de mandat interviennent dans un contexte de très grande difficulté financière pour les collectivités locales françaises et, plus encore, pour la Ville de Toulouse. Jamais nous n’avons connu cela, ni dans notre pays, ni à Toulouse.

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La raison première est que le Gouvernement de François Hollande a attendu le lendemain des élections municipales pour annoncer une baisse extrêmement brutale de ses dotations aux collectivités : sur le territoire de Toulouse Métropole, moins 640 millions d’euros de recettes dans nos budgets communaux et métropolitain sur l’ensemble de la mandature ! Cette saignée arbitraire déstabilise nos équilibres budgétaires et contrarie des projets pour lesquels nous avons été mandatés.

Par ailleurs, la situation à Toulouse est aggravée par la politique qu’ont menée Pierre Cohen et sa majorité. L’épargne a disparu, les réserves ont été épuisées et la dette municipale, que nous avions effacée, est revenue. De 2009 à 2013, M. Cohen a recruté 1700 agents supplémentaires, soit presque 1 par jour !

Notre collectivité vit au-dessus de ses moyens, au point qu’elle se trouve au bord du dépôt de bilan !

Pour autant, ni mon équipe, ni moi-même ne souhaitons abandonner l’ambition que nous portons pour Toulouse et sa Métropole. Au total, ce sont plus de 2 milliards d’euros que nous injecterons dans l’économie locale, ce qui sera bon pour les entreprises et l’emploi.

En effet, nous priorisons, du côté métropolitain, quatre orientations : les déplacements, l’habitat, le développement économique et les grands projets structurants. Du côté municipal, nos priorités sont au nombre de trois : la sécurité, l’éducation et la solidarité.

Pour cela, nous devons évidemment baisser notre train de vie en ralentissant le rythme des dépenses. Dès mon élection, j’ai engagé la réduction de nos dépenses de fonctionnement. Ainsi, nous avons décidé de mettre fin au remplacement systématique des départs à la retraite de la Ville et de la Métropole, de baisser les subventions aux organismes extérieurs satellites de la collectivité ainsi qu’aux associations.

Ces décisions, j’aurais bien sûr préféré les éviter, elles sont impopulaires, mais ne pas les prendre aurait été incohérent et financièrement irresponsable.

Mais, malgré ce plan inédit de redressement des finances, l’effort de la collectivité ne suffira pas, même en recourant à l’inévitable emprunt.

Je suis donc contraint de demander des efforts aux Toulousains eux-mêmes.

Le premier effort concerne les tarifs de nos prestations et de nos nombreux services qui seront revalorisés, afin de réduire l’écart entre le coût réel des services, totalement ignoré des citoyens, et les tarifs que nous pratiquons.

Le deuxième effort porte, malheureusement, sur une contribution fiscale supplémentaire. Croyez bien qu’augmenter l’impôt est pour moi ainsi que pour mon équipe un crève-cœur ; vous l’imaginez aisément. Malgré cela, Toulouse restera dans la moyenne basse du classement de l’imposition des grandes villes et métropoles françaises.

Au final, dans le budget municipal, l’effort sera réparti ainsi : ¾ de l’effort fait par la collectivité en économisant sur ses dépenses habituelles, ¼ de l’effort demandé aux Toulousains eux-mêmes.

Certes, lors de la campagne électorale, nous avions clairement opté pour la stabilité fiscale.

Mais c’était avant de connaître la ponction opérée par le Gouvernement socialiste sur les dotations, et avant de mesurer cet été l’ampleur du désastre dissimulé de la gestion financière de la précédente municipalité socialiste.

Sachez que l’effort fiscal demandé aux Toulousains, tant au niveau de la Ville que de la Métropole, sera fait une fois pour toutes dans ce mandat. La stabilité sera effective ensuite jusqu’à la fin de celui-ci, en 2020.

L’effort de la collectivité pour réaliser des économies dans son fonctionnement ne se limitera pas à 2015. Il sera permanent mais, aussi, transparent et accessible sur un site Internet dédié.

Je tenais à vous informer moi-même de ces choix assumés et difficiles ; je suis convaincu que vous en comprendrez la nécessité pour l’intérêt de notre Ville et de notre Métropole.

Bien amicalement.

Jean-Luc Moudenc